Communiqué de presse
for immedtiate release Contact: Elsa Vidal
Sept 6, 2004 +33 1 41796959
La dernière évaluation du programme APHEIS dans 26 villes indique que la pollution atmosphérique menace toujours la santé publique en Europe
Le rapport fournit également de nouveaux éléments sur les besoins en information des décideurs et sur comment assurer une communication efficace auprès deux
Saint Maurice, France, le 6 septembre. Le programme Apheis (Air Pollution and Health: A European Information System) communique aujourdhui les derniers résultats de lévaluation dimpact sanitaire (EIS) de la pollution atmosphérique effectuée dans 26 villes de 12 états européens dont la France. Les résultats de la troisième phase de ce programme confirment la conclusion dApheis-2 : la pollution atmosphérique continue de poser un problème de santé publique en milieu urbain en Europe.
Cette nouvelle phase Apheis-3 sest également attachée à investiguer le sujet essentiel de comment communiquer de façon efficace avec ceux qui influencent et décident des politiques de santé publique et de pollution atmosphérique en Europe. Apheis-3 propose notamment un modèle qui permet didentifier à la fois : les personnes qui jouent un rôle clé dans lélaboration des politiques publiques ; les mécanismes de circulation de linformation entre acteurs scientifiques et politiques ; les types dinformation dont ont besoin les scientifiques et politiques qui interviennent dans la chaîne de décision ; les supports permettant dassurer auprès de ces publics les meilleures compréhension et utilisation possibles des informations que produit Apheis.
Ce double objectif - fournir simultanément les données scientifiques les plus récentes et les orientations stratégiques pour les communiquer - a pour but de répondre à la mission dApheis de satisfaire aux besoins en information des individus et des organismes concernés par limpact sur la santé de la pollution atmosphérique, et en particulier ceux qui influencent et décident des politiques dans ce domaine aux niveaux européen, national, régional et local.
Créé en 1999, le programme Apheis (www.apheis.net) est co-financé par la Direction Générale Santé et Protection des Consommateurs de la Commission Européenne et par les institutions participantes au programme dans chaque ville. La coordination est assurée par lInstitut de veille sanitaire (InVS, France) et par lAgencia de Salut Pùblica de Barcelona (ASPB, Espagne).
De nouvelles sources de données et de nouveaux calculs confirment une menace continue pour la santé publique.
Afin délargir et dapprofondir les conclusions de la phase 2 du programme, le dernier volet dévaluation dimpact sanitaire a intégré de nouvelles sources de données à ses analyses. Notamment Apheis-3 a inclus des données sur les PM2.5 (particules dun diamètre inférieur à 2,5 micromètres) qui sont venues sajouter aux mesures de lindice des fumées noires et des PM10 (particules dun diamètre inférieur à 10 micromètres). Apheis a également étudié les causes spécifiques de mortalité (cardio-pulmonaire et par cancer du poumon) et les données de mortalité totale. Et, en plus destimer les décès imputables à la pollution atmosphérique à un moment donné, Apheis-3 sest attaché également à calculer les gains en espérance de vie dans le but de fournir une image dynamique des effets de la pollution sur la santé au cours de la vie.
Les résultats dApheis-3 indiquent quune réduction des niveaux de PM 2.5 à 15 µg/m3 induit un bénéfice en termes de mortalité (totale et spécifique) de 30 % supérieur à une réduction des niveaux de PM 2.5 à 20 µg/m3.
Plus précisément, Apheis-3 a estimé à 11 375 le nombre décès prématurés (dont 8 053 dorigine cardio-pulmonaire et 1 296 par cancer du poumon) qui pourraient être prévenus chaque année si, toutes choses étant égales par ailleurs, lexposition à long terme aux PM 2.5 était ramenée à 20 µg/m3 dans chaque ville. La réduction à 15 µg/m3 de ces mêmes particules entraînerait la prévention de quelque 16 926 décès prématurés (dont 11 612 dorigine cardio-pulmonaire et 1 901 par cancer du poumon).
En termes despérance de vie, toutes choses étant égales par ailleurs, une moyenne annuelle de PM2.5 qui nexcéderait pas 15 µg/m3 se traduirait par un gain moyen de 2 à 13 mois despérance de vie pour une personne de 30 ans.
Ces conclusions sur les bénéfices dune réduction des PM2.5 à 20 et à 15 µg/m3 sont particulièrement déterminantes à lheure où dans la cadre du programme CAFE de la Commission européenne se déroulent les discussions visant à déterminer les valeurs limites de PM2.5
En particulier, pour des raisons de santé publique, Apheis recommande que la valeur limite de PM2.5 soit fixée à 15 µg/m3. Toutefois, les bénéfices sanitaires que lon peut espérer dun tel abaissement seraient encore plus flagrants si la valeur limite était fixée en dessous de ce seuil.
Concernant les bénéfices escomptés dune réduction de lexposition aux PM10 à très court, court et long termes, dans les 23 villes du programme Apheis qui les mesurent et totalisent près de 36 millions dhabitants, toutes choses étant égales par ailleurs, lEIS indique que si lexposition aux PM10 était réduite à 20 µg/m3 :
&Mac183; 2 580 décès prématurés (dont 1 741 dorigine cardio-vasculaire et 429 dorigine respiratoire) pourraient être prévenus chaque année si limpact est seulement estimé sur une très courte période de deux jours ;
&Mac183; limpact à court terme, cumulé sur 40 jours, serait de plus de 2 fois supérieur, totalisant
5 240 décès qui pourraient être prévenus chaque année (dont 3 458 dorigine cardio-vasculaire et 1 348 dorigine respiratoire) ;
&Mac183; sur le long terme (plusieurs années) limpact est plus important et peut être estimé à 21 828 décès prématurés prévenus annuellement.
Pour ce qui est de la capacité des villes Apheis à respecter les futures valeurs limites de la Commission européenne pour PM10 en 2005 et 2010, Apheis-3 a montré que si la plupart des villes respectent déjà la valeur limite 2005 de 40 µg/m3, 21 villes continuent de dépasser la valeur limite de 20 µg/m3 prévue pour 2010.
Pour lindice des fumées noires (généralement considéré comme un bon indicateur de la pollution liée au trafic automobile), dans les 16 villes du programme qui le mesure (24 millions dhabitants), on estime que sa réduction à une valeur journalière de 20 µg/m3 préviendrait 1 296 décès prématurés chaque année (dont 405 dorigine cardio-vasculaire et 109 dorigine respiratoire).
Un modèle pour mieux communiquer les résultats dApheis aux décideurs politiques
A titre de rappel, le programme Apheis cherche à répondre aux besoins en information des individus et des organismes concernés par limpact sur la santé de la pollution atmosphérique en Europe, en particulier ceux qui influencent et décident des politiques dans ce domaine aux niveaux européen, national, régional et local.
Toutefois, à linstar dautres organismes pourvoyeurs dinformation scientifique, Apheis a également dressé le constat suivant : les rapports scientifiques seuls ne suffisent pas à répondre aux besoins en information de ce public clé.
Parce que Apheis a voulu aller au-delà de sa mission visant à garantir lexactitude de ses résultats scientifiques et leur mise à jour régulière, Apheis-3 a souhaité développer une stratégie applicable et efficace de communication auprès de ce public clé en recueillant directement auprès deux leurs besoins en information.
Les recherches en communication que nous avons menées ont permis didentifier chacune des catégories dacteurs clé qui interviennent dans la longue et complexe chaîne de décision reliant les scientifiques aux décideurs. Ces recherches ont révélé que, contrairement aux scientifiques qui reçoivent nos rapports et les utilisent, les décideurs ne les reçoivent quindirectement et les utilisent peu sinon jamais, alors que ce sont leurs actions qui ont le plus grand impact en santé publique.
En particulier, nos recherches ont montré que :
&Mac183; les hommes politiques et leurs conseillers, comprenant des utilisateurs scientifiques et politiques de nos informations, ont chacun des objectifs différents, des façons différentes de traiter les informations quils reçoivent, des connaissances scientifiques et des cultures différentes, et donc autant de besoins différents en information ;
&Mac183; ce public est généralement peu enclin à utiliser tels quels les rapports scientifiques que nous produisons, contrairement aux scientifiques.
Suite à ces observations, nous avons conclu quApheis doit agir de manière proactive afin :
&Mac183; dappliquer ces enseignements à la préparation du contenu et de la forme des informations et des messages que nous fournissons aux utilisateurs scientifiques et politiques ;
&Mac183; de développer une série doutils de communication qui va au-delà de nos rapports scientifiques actuels pour inclure également des rapports scientifiques courts, brochures, présentations de diapositives et fiches questions/réponses dont les contenus et formes répondent aux besoins spécifiques des différents utilisateurs tant scientifiques que politiques ;
&Mac183; de sassurer que linformation dont les décideurs politiques et leurs conseillers ont besoin leur parvient véritablement.
Ces démarches amélioreront nettement la manière dont Apheis communique avec les publics clé qui déterminent la politique sur la pollution de lair, et permettront notamment à Apheis de mieux contribuer à améliorer létat de la santé publique en Europe.
Le réseau Apheis de professionnels de la santé et de lenvironnement
Pour atteindre ses objectifs, Apheis a constitué un réseau de professionnels de la santé et de lenvironnement dans 26 villes européennes, et a créé un système de surveillance épidémiologique qui génère des informations de façon continue et publie des rapports à intervalles réguliers.
Les 26 villes européennes de 12 pays participant au programme Apheis sont : Athènes, Barcelone, Bilbao, Bordeaux, Bucarest, Budapest, Celje, Cracovie, Dublin, Göteborg, Le Havre, Lille, Ljubljana, Londres, Lyon, Madrid, Marseille, Paris, Rome, Rouen, Séville, Stockholm, Strasbourg, Tel Aviv, Toulouse et Valence.
Depuis sa création, le programme Apheis encourage les échanges interdisciplinaires et régionaux dans le but de : constituer des équipes performantes au niveau local et régional ; enrichir le savoir-faire et la qualité des résultats ; et explorer dimportantes questions méthodologiques relatives aux évaluations dimpact sanitaire. Cette combinaison unique permet de fournir aux décideurs locaux des données, analyses et connaissances locales pour la prise de décision au niveau local ; et de proposer aux décideurs européens des résultats analysés de façon standardisée, leur fournissant une vision globale pour la prise de décision au niveau européen.
Actions à venir
Apheis mettra en uvre sa stratégie de communication selon la disponibilité des fonds nécessaires au développement des outils de communication recommandés pour chacun des publics visés.
Parallèlement à la poursuite de lévaluation dimpact sanitaire dans le domaine de la pollution atmosphérique, Apheis rejoint le projet ENHIS (Environment and Health Information System) du Centre Européen pour la Santé Environnementale de lOMS (ECEH) co-financé par la Commission européenne et les partenaires du programme ENHIS.
Dans ce nouveau programme, Apheis sera chargé de la coordination de lévaluation dimpact sanitaire, et testera et adaptera à de nouvelles villes, et pour de nouveaux facteurs de risque environnementaux, la méthodologie déjà développée dans les précédentes phases du programme. Cette nouvelle phase aura comme objectif final de fournir un tableau général du risque environnemental qui pèse sur la santé publique en Europe.
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